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Avoir un enfant de (presque) un an

C’est être une maman et se faire appeler «papa», c’est être un papa et se faire appeler «maman». Renard mélange les deux noms sans distinction!

C’est traverser de longues périodes où l’enfant ne sait pas lui-même ce qu’il veut. «Je veux que tu me prennes, mais ne me touches pas», semble-t-il me dire. C’est d’interminables crises de larmes, suivies d’instants magiques où il me donne le plus beau câlin du monde et des bisous bien baveux.

C’est retrouver des Cheerios dans le lit.

C’est constater que ce son qu’il ne cesse de faire, c’est un mot! «Ta» est bel et bien «tape», pour «taper dans les mains».

C’est regarder les photos prises en mai dernier et ressentir une pointe de nostalgie. En même temps, je ne voudrais pas que Renard redevienne un nouveau-né. No way José.

C’est devoir jeter à la poubelle 90% de la nourriture qu’on place devant lui. Ces temps-ci, Renard apprivoise la gravité, avec les résultats qu’on connaît.

C’est le voir devenir un petit garçon, là, devant nos yeux. Il est encore un bébé, mais plus pour longtemps. Et c’est formidable. Et ça fait peur. Et ça inspire tout un tas de sentiments contradictoires.

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Les dents. Les maudites dents!

Et dire qu’il n’y a pas si longtemps, je pensais qu’on exagérait l’intensité de la poussée dentaire. Les gens sont tellement dramatiques, la réalité ne doit pas être siiii épouvantable, non?

Erreur.

La première incisive de Renard est apparue la semaine dernière, le Lundi de Pâques. Heureusement que Chéri était en congé, car moi j’étais assommée par la fièvre et je n’aurais pas pu m’occuper de ce petit être qui pleurait de douleur sans arrêt. Les symptômes sont disparus dès que la dent a percé la gencive. Coup de chance!

Cette semaine, nous sommes moins chanceux.

La deuxième dent est sortie il y a 2 jours et Renard a toujours mal. Qui dit bébé qui a mal dit bébé qui ne sait pas ce qu’il veut: Renard veut que je le dépose par terre, mais que je le garde dans mes bras, il veut du lait mais hurle si je l’approche de mon sein.

Alors non, personne ne dramatise.

Le Tylenol pour soulager la douleur ne fonctionne pas. Je n’ai pas de produits homéopathiques et bien sincèrement je ne crois pas aux colliers d’ambre et compagnie. Jusqu’à présent, je ne réussis à faire oublier à Renard qu’il a mal qu’en chantant en boucle Pirouette Cacahuète. Allez savoir pourquoi.

On s’arme de patience. On essaie de ne pas trop lire ce qu’Internet a à dire sur le sujet (ah bon, à 11 mois bébé est supposé percer sa sixième dent? pitié!). On utilise les porte-bébés le plus souvent possible, question de se coller sans rester écrasée sur le divan. On boit beaucoup de café pour garder les yeux ouverts et on profite au maximum des moments où, miracle, il est de bonne humeur.

Et vous, à quel âge votre bébé a percé sa première dent? Comment ça s’est passé? Dîtes-moi qu’on survit!

Me revoilà!

Vous n’aviez peut-être pas remarqué, mais mon dernier article de blog a été publié le 12 février.

Deux mois se sont écoulés sans que je vienne faire un tour sur WordPress. C’est ça que ça fait quand on allie perfectionnisme et manque de concentration! Comme je l’avais dit sur Hellocoton, je prévoyais une série d’articles sur le baby led weaning, le portage et le cododo… Mais ça n’avançait pas, je trouvais que ce j’écrivais manquait de pertinence, j’aurais voulu tout écrire d’un jet en une seule sieste. Mais ce n’est pas comme ça que ça fonctionne, vous le savez bien! Bref, j’ai abandonné l’idée pour me mettre en tête de recommencer à zéro sur une autre plateforme.

Je vous épargne les détails, mais vous imaginez le résultat: je suis de retour sur WordPress. Tout recommencer, au beau milieu d’une phase intense du développement de Renard, ce n’est pas réaliste. Comment voulez-vous que je m’occupe de l’installation du thème, de la rédaction de pleins de nouveaux articles, du changement d’url sur les divers réseaux sociaux, pendant qu’on a un Renard en pleine angoisse de séparation? Je vous le dit, c’est mission impossible.

Durant mon absence, voici les gros changements dans la famille Cinq Cent Cinq:

  • Renard se lève en se tenant aux meubles et passe tout son temps debout. Il ne tombe plus aussitôt qu’il lâche les meubles!
  • Lundi passé, la première dent est arrivée. Elle a mal choisi sa journée, parce que moi j’étais malade et j’aurais eu de la difficulté à m’occuper d’un bébé de bonne humeur. Mais on a survécu!
  • Le vocabulaire de Renard s’élargit à une vitesse folle: il dit « maman », « papa », et « ah bon ». Il essaie très fort de dire « chat » et « Azazel » (c’est le nom de la plus vieille de nos chats, celle qui se laisse tirer la queue sans broncher), mais ça sort « fa » ou « ta » et « A-el ». C’est quand même impressionnant pour un bébé de 11 mois!
  • J’ai reçu un autre porte-bébé! Je vous en parlerai sans aucun doute dans un prochain article, elle vient tout juste d’arriver (aujourd’hui, en fait) et je l’adore déjà.

Je ne disparais plus durant 2 mois, promis!

L’éléphant devenu poisson rouge

Dans mon ancienne vie, celle où je n’étais la mère de personne, j’étais dotée d’une mémoire quasi infinie. «Quasi», car j’oubliais tout ce qui était réellement important, comme l’emplacement de mes clés ou la date limite pour payer les factures. Ma tête était saturée du souvenir des petits moments de la vie quotidienne: je me rappelais que telle personne m’avait confié tel secret à tel endroit, et que je portais tel chandail, ou encore que telle personne (rencontrée une seule fois) était allergique à tel aliment. Je pouvais vous dire à quelle date avait eu lieu notre party de Noël d’il y a trois ans et qui y était.

Puis il y a eu ma grossesse et maintenant je ne me souviens plus de rien. L’éléphant est devenu poisson rouge. J’ai de la difficulté à me rappeler ce que j’ai mangé hier ou quand j’ai vu mes amis pour la dernière fois. Ça devient souvent ridicule: j’oublie régulièrement le prénom de Renard ou le mot de passe de ma session Windows.

J’ai donc peur d’oublier les petits détails de mon quotidien avec Renard. Il a eu 9 mois hier et déjà je ne me souviens plus quand il s’est assis tout seul pour la première fois. En plus, j’oublie de marquer ses petits exploits dans son album de bébé.

Je veux me souvenir de la lueur qui brille dans ses yeux lorsqu’il aperçoit un chat.

Du petit bruit qu’il fait pour se calmer, qui s’apparente à un ronronnement.

De son enthousiasme à l’heure du repas, surtout si l’on accepte de lui donner un tout petit bout de fromage ou s’il y a une pomme pour dessert.

Des bisous qu’il donne lorsque je m’y attends le moins.

De son entêtement à ne prononcer que la syllabe da, même si c’est parfois frustrant, mais bon, il parlera bien un jour!

De la douceur de ses joues, de l’odeur de ses cheveux.

De son rire si facile à provoquer.

Des «oh!» et des «ah!» pour tout et pour rien.

De ses petits bras qui m’entourent et de sa tête qui se repose sur mon épaule.

De ces réveils dans la bonne humeur, mais aussi de ceux plus difficiles.

Des soirs où je n’ai presque rien à faire pour qu’il tombe endormi, ainsi que des soirs où il semble avoir peur de s’abandonner au sommeil, où il me faut le bercer pendant des heures avant qu’il ferme enfin les yeux.

De nos difficultés en allaitement, des jours où j’ai envie d’arrêter.

Des tétées merveilleuses, où je me sens en parfaite harmonie avec lui, qui me motivent à persévérer jusqu’au sevrage naturel.

J’ai peur d’oublier tout ça avec ma mémoire de poisson rouge. J’espère que l’éléphant revienne un jour.

Qu’avez-vous peur d’oublier, vous?

(Crédit photo: Diana Robinson)

Le plus beau moment

Il y a des moments où j’aimerais prendre des vacances. Partir loin, le plus loin possible de ce petit être qui exige tant de moi.

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Puis il y a des moments comme celui-ci, où mon fils me donne le premier câlin de la journée. Il me communique sa joie de me retrouver au bout de la nuit, et ça, ça donne le goût de rester.